Livres XIVe - XVIIe siècles

Jean CALVIN : Institition de la Religion Chrestienne , mise en quatre livres et distinguée par chapitres en ordre et méthode bien propre.

Genève , J. Bourgeois, 1562, IN-4 , veau fauve , triple encadrement dorés à froid, dos à quatre nerfs titre doré, reliure signée de Gruel . Une épître de Calvin adressée au roi François Ier précède l’ouvrage
Très rare édition, très belle et plus complète que celle qui l’a précédée. Première édition en latin en 1536 à Bâle
Calvin le publie en latin (Christianae Religionis Institutio) en 1536, puis le traduit lui-même en français en 1541. Il remanie à plusieurs reprises son ouvrage en l’augmentant à chaque fois. En 1559, il en publie une dernière version latine dont la traduction française paraît en 1560, et qui témoigne de l’évolution de sa pensée depuis 1541. Le texte est passé de six chapitres en 1536 à 80 chapitres, répartis en quatre livres.
Calvin et la langue française : C’est la deuxième fois que le français est utilisé dans un traité de théologie. La première étant le Commentaire du Pentateuque par Rachi de Troyes, la première fois aussi que la prose française exprime des idées avec autant de précision, de rigueur et de clarté. C’est à ce titre que l’Institution de la religion chrétienne a contribué significativement au développement du français.

Ce traité fut rejeté par l’Église catholique car il concevait l’Eucharistie comme une simple commémoration au lieu d’une célébration du corps vivant du Christ.

Résumé des quatre volumes du livre de 1559 :
Premier livre
Calvin explique qu’il ne faut pas forcément éluder les mystères par des propositions logiques, qu’il n’y a pas besoin de prouver l’existence de Dieu.

Pour lui, il n’y a pas besoin de preuves réelles, l’évidence de l’existence de Dieu est dans la nature, l’homme, ainsi que sa complexité et son intelligence (pour Calvin, il n’y a que Dieu qui a pu inventer cela). La nature, pour Calvin, est une image visible du Dieu invisible. Il n’y a donc pas besoin d’image représentant Dieu, puisque la nature prouve son existence…

Il y a pour les catholiques un problème dans le raisonnement de Calvin. Pour Calvin, l’Écriture est au centre. Les gens lui répondent alors que les apôtres ayant existé avant l’Église, c’est l’Église qui a transmis les Écritures sur la base des transmissions orales des paroles des apôtres. Pour les catholiques, c’est l’Église qui prime sur l’Écriture. Calvin pense que malgré le fait que les Écritures sont venues après, elles sont restées importantes parce que les paroles écrites avaient de la valeur. Calvin croit que l’Écriture est inspirée de Dieu.

La Trinité
Calvin reste fidèle à la trinité. La Bible ne mentionne pas le mot mais la dévoile. Calvin considère que la dogmatique chrétienne doit être fidèle à la bible.

Dieu et le malheur :

Pour Calvin, Dieu n’est pas responsable du mal, dans le sens qu’il n’est pas coupable. Mais les événements amenant la souffrance, la difficulté, ne sont pas forcément mauvais du point de vue de Dieu. Ceci n’est pas compréhensible pour Calvin, mais il l’accepte car il a une confiance absolue en Dieu et son action en faveur du bien.

Deuxième livre
Le péché
Pour Calvin, le péché occupe toutes les parties de l’âme. Selon lui, l’homme est pécheur par principe : « Nous sommes de pauvres pécheurs, conçus et nés dans l’iniquité et la corruption, enclins au mal, incapables de tout bien, et dans notre dépravation, nous transgressons les saints commandements de Dieu, sans cesse et sans fin » (paroles de Calvin). Pour Calvin, cette pensée n’est pas culpabilisante, elle dit que l’homme est pécheur malgré lui. L’autocélébration est le fait de considérer que l’être humain peut faire du bien et progresser.

Troisième livre
La foi :

Selon Calvin, la foi est personnelle, elle ne peut pas nous être transmise par l’Église. La foi est un don du Saint-Esprit, elle ne peut pas être acquise. La foi nécessite une connaissance intérieure de nous. Calvin réfute la thèse selon laquelle l’homme pourrait acquérir le salut. Pour lui, le croyant est pardonné de ses péchés, Dieu nous accepte en dépit de qui nous sommes. La Prédestination est la manière dont la grâce divine semble être inégalement répartie entre les différents êtres humains.

Selon L’Écriture, Dieu décide de la destinée de chacun. Pour Calvin, ces inégalités ne doivent pas décourager les citoyens, car ils n’en sont pas responsables. La volonté de Dieu reste mystérieuse et l’on doit se contenter de l’accepter. Les humains n’ont aucun moyen de juger qu’un acte de Dieu est injuste ou faux.

Quatrième livre
L’existence de l’Église
Calvin parle d’Église « invisible », qui est connue de Dieu seul. Cette Église « invisible » est composée de l’ensemble de tous les croyants sincères. En opposition, il y a l’Église « visible », qui intègre le bon grain et l’ivraie (les croyants sincères et ceux qui ne le sont pas). Cette Église « visible » est donc imparfaite. D’après Calvin, il ne faut pas créer une Église d’êtres purs (sélection), mais de pécheurs qui cherchent à progresser grâce à l’Évangile. Pour les protestants, deux sacrements seulement sont reconnus : le baptême et l’eucharistie.

Pour Calvin, l’eucharistie est un signe, une aide visuelle du message de Dieu mais ce n’est pas la transformation réelle du pain en corps du Christ. C’est seulement une évocation symbolique. Tandis que chez les catholiques, la transformation est réelle (transsubstantiation).

Rapport du pouvoir politique et de l’Église
Pour Calvin, le pouvoir politique doit être respecté par les chrétiens parce qu’il est plus ou moins établi par Dieu. Il y a cependant des limites : si un pouvoir politique va trop à l’encontre de l’enseignement de l’Écriture, il peut être remis en question. Cela démontre que l’Écriture se situe au-dessus du pouvoir politique.